A l'aube de la Franc-maçonnerie allemande
l'empreinte française.
Dans le cadre d’une étude des loges allemandes franc-maçonniques ayant pu travailler au rite de Stricte Observance, une première observation s’impose de suite. On est alors surpris de constater que nombre d’entre d’elles travaillent en langue française.
Ce fait n’a rien de surprenant car on s’aperçoit très vite qu’au XVIIIième siècle la langue européenne est le Français. C’est aussi bien la langue des artistes, des savants que celle des lettrés aussi bien à la cour de Berlin que dans beaucoup d’autres endroits.
La révocation de l’édit de Nantes fait les français hors de France et nombre d’entre eux se réfugient en Allemagne et y apportent la langue française. La langue française circule ainsi et elle est adoptée dans les cours européennes et surtout au siècle des Lumières.
Au 18ième chaque cour veut avoir son philosophe français : Voltaire à la cour de Frédéric II, Diderot à la cour de Russie. Le français qui est d’abord la langue de Paris, la langue du roi de France devient la langue de l’Europe, la langue de la conversation parce que ceux qui servent à la diffuser, ce sont les auteurs français, les idées qu’ils portent. Aucun homme d’état ne voudrait passer pour ignorer la langue de Corneille et de Diderot. Le français est alors, comme il est encore, l’instrument de précision par excellence de la pensée humaine.
C’est ainsi que l’on trouve parmi les francs-maçons allemands beaucoup de noms français et traces de cette influence de la langue française.
A titre anecdotique nous allons étudier quelques loges allemandes de l’époque, travaillant en langue française.
La loge « Absalom zu drei Nesseln » (Absalom aux trois orties) est crée à Hambourg le 6 février 1737. Son fondateur principal est le Frère Charles-Jacques-Louis Sarry, fonctionnaire de la monnaie royale sous le règne de Frédéric II qui nait à Berlin en 1716. Cette loge de langue française travaille ensuite au rite de Stricte Observance.
Médalle de la Loge Absalom zu drei Nesseln
La loge « Zu den drei goldenen Schwestern » à l’orient de Dresde qui a comme membre connu le comte Bellegarde et le secrétaire de l’ambassade de France M. d’Ecombes. Elle travaille également ensuite au rite de Stricte Observance.
Juste une petite mention particulière pour la loge de Bayreuth fondée par les membres de la Comédie française et de l’Opéra de Bayreuth « Uriotino ». Elle est au départ une loge irrégulière. Son fondateur est le nancéien Joseph Uriot. Mais le 21 janvier 1741, les membres de cette loge ayant pour nom « Loge du château de Bayreuth », dans un protocole écrit en français, élisent comme Vénérable Maître de Loge perpétuel le margrave Frédéric de Brandebourg Culenbach.
L’année 1740 voit la fondation de la loge « Aux Trois Globes » que l’empereur Frédéric II érige d’ailleurs en Grande Loge. Elle est également au départ de langue française. Elle a alors pour Premier Surveillant Paul Benezet et comme Deuxième Surveillant Jean Serre.
La loge « L’Union » (zur Einigkeit) à l’orient de Francfort sur le Main est aussi de langue française. Cette loge qui reçoit comme apprenti le baron de Hund ne travaille jamais au rite de Stricte Observance ni ne fait partie de l’Ordre du baron Von Hund.
Fondée en avril 1746, la loge « Aux Trois Ancres » à l’orient de Koenigsberg travaille en langue française et compte parmi ses membres un certain Guy, tenancier de son état du « café des francs-maçons » en la même ville.
Une loge fondée en 1758, la loge « Les enfants de Mars » à l’orient de Wesel se disant d’ailleurs sous l’influence de Charles Edouard Stuart, si on se réfère au timbre de la loge travaille également en langue française.
La loge « Saint Charles de l’indissoluble amitié » à l’Orient de Brunswick, nommée ainsi en l’honneur du duc régnant Charles est fondée en 1764 par un comédien français, le frère Lebœuf. Le protecteur de cette loge de langue française est Ferdinand de Brunswick qui est un maçon très bienveillant. D’ailleurs, pour clore ce propos comment ne pas résister à cette dernière anecdote : Ferdinand de Brunswick a également une loge travaillant en langue française « Charles à la concorde » fondée par le conseiller de cabinet Liebeherr.
Force est de constater que ces loges allemandes travaillent en langue française. S’il est de bon ton de parler en langue française dans les cours européennes il ne fait pas perdre de vue non plus les exilés suite à la révocation de l’édit de Nantes et les nombreux français prisonniers en Allemagne à cette époque qui fréquentent les loges maçonniques et nous pouvons citer comme exemple le frère Claude-Joseph Villebourg, capitaine d’infanterie qui est initié à Magdebourg le 4 mars 1758.
Les prémices de la création de la Stricte Observance
Le Chevalier du Marteau d'or
Carl Gotthelf, Freiherr von Hund und Alten-Grotkau, ou dans la suite Charles de Hund, prend la succession de Heinrich Wilhelm von Marschall von Thüringen à la tête de la VIIième Province de l’Ordre en Allemagne.
Il fonde alors rapidement le 24 juin 1751 la loge Aux Trois Colonnes sur ses terres à Kittlitz.
Et pour créer un rite templier allemand de Stricte Observance. Il a pour première initiative de s’entourer de plusieurs maçons qui par la suite seront désignés, avec l’approbation de von Marschall, aux postes les plus élevés de sa nouvelle organisation.
Il fait par exemple appel à plusieurs membres de la loge Aux Trois Marteaux de la ville de Naumburg : Christian Wolf Schömberg, Conrad Jacob Schmid, son frère Ernst-Johann-Georg Schmid et Johann Wilhelm Mylius.
Conrad Jacob Schmid est l’un des fondateurs de cette loge constituée le 8 juillet 1749. Il en est alors Maître en Chaire quand Charles de Hund lui écrit en 1751. Il sont du même âge, Conrad Jacod est né le 16 décembre 1722 et meut le 6 décembre 1752 peu de temps après l’aide précieuse qu’il apporte à Charles de Hund dans la rédaction des premiers rituels et des premiers documents d’organisation de son Ordre.
Nous vous présentons ici la lettre qu’il écrit à Charles de Hund le 26 octobre 1752 sur son avancé de ses travaux sur les rituels de Stricte Observance qui seront utilisés lors du convent l’Altenberg en 1764.
Dans cette lettre « Charles Chevalier de l’Epée » est donc Charles de Hund ; le « Chevalier du Lion rouge » est Christian Wolf Schömberg et Conrad Jacob Schmid signe lui de son nom de Chevalier : « Jacques Chevalier du Phénix ressuscité ». « G.M. » signifie Grand Maître et « le chiffre » désigne à cette époque et aujourd’hui encore une manière de coder, de crypter ou donc de chiffrer un texte. Par ailleurs Heinrich Wilhelm von Marschall von Thüringen est lui désigné sous le nom d’ordre en latin : Eques a Tabula designatoria, Chevalier de la Table à tracer ; Le mot « loge » est remplacé par le dessin d'un petit rectangle. Enfin, dans le « comput » de l’année de l’ordre la date du 26 d’octobre 439 peut effectivement correspondre au 26 octobre 1752 : L’année utilisée en 1752 de fondation de l’ordre est 1313.
Tous ces collaborateurs « très précieux » de Charles de Hund peuvent faire partis de plusieurs organisations où ils sont reçus et reconnus en tant que chevaliers. Ainsi, certains d’entre eux ont plusieurs noms de chevaliers suivant l’organisation qu’ils fréquentent. En tous cas, ils n’hésitent jamais à signer en langue française de leur nom de chevalier. On trouve aussi ces noms de chevalier écrit en latin dans les documents officiels des organisations fréquentées. Ainsi Conrad Jacob Schmid signe cette lettre par « Jacques Chevalier du Phénix ressuscité » mais est aussi connu comme « Chevalier au Marteau d’or » ou en latin « Eques à Malleo aureo ».
Après le décès de Conrad Jacob Schmid, la loge Aux Trois Marteaux de Naumburg s’affilie en 1755 à l’ordre créé par Charles de Hund.
Lettre de Conrad Jacob Schmid à Carl Gotthelf, Freiherr von Hund und Alten-Grotkau du 26 octobre 1752.
Archives de Copenhague
Transcription :
Au Très Haut et Très Magnanime Charles Chevalier de l’Epée
Grand Maître Provincial, Maître Ecossais et Maître en Chaire de la juste et parfaite Loge aux trois Colonnes.
Respectueusement.
Très Magnanime Grand Maître, Très Vénérable Frère.
Si j’étais capable de vous peindre mon cœur entièrement pénétré de vos bontés, vous verriez plus clairement combien je suis dévoué à vos ordres. C’est par vous que je me vois avancé dans la Société des enfants de la lumières. Vous avez bien voulu m’arracher le bandeau qui me cachait les rayons de la gloire. Vous m’avez attaché à l’illustre ordre par des liens indissolubles, cela fait le bonheur de ma vie. Rien au monde flatte tant mon amour propre que la déférence que vous avez eu pour moi de m’ouvrir les portes intérieures du sanctuaire. J’espère, très magnanime G. M. de ne jamais détromper l’idée que vous avez conçu de mon zèle et application. Eternellement adonné à l’illustre ordre, je ne souhaite de respirer que pour lui être utile et exécuter aveuglement ses commandements.
J’ai commencé le travail dont je vous ai parlé. Il a mieux réussi que je n’osais espérer. Comme vous le savez qu’il est de la dernière conséquence, je n’ose pas même vous l’écrire en chiffre, sans votre permission. J’attends vos ordre à Naumbourg, si vous le trouvé bon, je vous communiquerai alors et ce que j’ai déjà achevé, et ce que je me suis encore proposé de faire. Je suis presque certain que le souverain architecte m’aidera à le finir heureusement. Le chiffre dont je me servirai est celui que j’emploie dans ma correspondance avec le Chevalier du Lion rouge.
En attendant la dessus vos ordre, je suis d’un cœur qui vous est entièrement dévoué. Très Magnanime G.M. Très Vénérable Frère. A Dresde Ce 26 d’octobre 439. [puis suit le texte d’une autre main, d’une autre plume et donc peut être d’une autre époque : « 1752 »] Votre très soumis et très fidèle frère. Jacques Chevalier du Phénix ressuscité.
Grand Prieuré Indépendant d'Occitanie. Courriel : gpio.contact@gmail.com
Les prémices de la création de la Stricte Observance
Le Chevalier de la Colonne
Carl Gotthelf, Freiherr von Hund und Alten-Grotkau, ou dans la suite Charles de Hund prend la succession de Heinrich Wilhelm von Marschall von Thüringen à la tête de la VIIième Province de l’Ordre en Allemagne.
Il fonde alors rapidement le 24 juin 1751 la loge Aux Trois Colonnes sur ses terres à Kittlitz.
Et pour créer un rite templier allemand de Stricte Observance, il a pour première initiative de s’entourer de plusieurs maçons qui par la suite seront désignés, avec l’approbation de von Marschall, aux postes les plus élevés de sa nouvelle organisation.
Il fait par exemple appel à plusieurs membres de la loge Aux Trois Marteaux de la ville de Naumburg : Christian Wolf Schömberg, Conrad-Jacob Schmid, son frère Ernst-Johann-Georg Schmid et Johann Wilhelm Mylius.
Ernst-Johann-Georg Schmid est avec son frère Conrad-Jacob, rédacteur des premiers rituels de la Stricte Observance.
Nous vous présentons ici la lettre qu'il écrit à Charles de Hund le 17 octobre 1755.
Dans cette lettre le « Chevalier de l’Etoile » est Johann Wilhelm Mylius ; le « Chevalier du Scorpion » est [...] ; le « Chevalier du Cygne » est [...] ; et Ernst Johann Georg Schmid signe lui de son nom de Chevalier : « Georges Chevalier de la Colonne ». « V.G. » signifie Votre Grandeur ; « Chap » signifie Chapitre. Le mot « loge » est remplacé par le dessin d'un petit rectangle ; Dans le « comput » de l’année de l’ordre la date du 28 d’octobre 442 peut effectivement correspondre au 17 octobre 1755 : L’année utilisée en 1755 de fondation de l’ordre est 1313 et le décalage des 11 jours entre le 17 et le 28 est peut-être un résidu du passage du calendrier julien au calendrier grégorien.
Tous ces collaborateurs « très précieux » de Charles de Hund peuvent faire partis de plusieurs organisations où ils sont reçus et reconnus en tant que chevaliers. Ainsi, certains d’entre eux ont plusieurs noms de chevaliers suivant l’organisation qu’ils fréquentent. En tous cas, ils n’hésitent jamais à signer en langue française de leur nom de chevalier. On trouve aussi ces noms de chevalier écrit en latin dans les documents officiels des organisations fréquentées. Ainsi Ernst Johann Georg Schmid signe cette lettre par « Georges Chevalier de la Colonne » ou en latin « Eques à Colonna ».
Ernst Johann Georg Schmid, qui a la particularité d’avoir été reçu avec Karl Von Hund dans les Hauts grades, décède le 1 aout 1756.
Lettre de Ernst-Johann-Georg Schmid à Carl Gotthelf, Freiherr von Hund und Alten-Grotkau du 17 octobre 1755.
Archives de Copenhague
Transcription :
Très Révérendissime Très Haut et très Magnanime Seigneur et frère.
Je supplie très humblement que votre grandeur me veuille pardonner que je n’ai pas plutôt répondu à la dernière que je réunis en réponse sur le différent entre moi et le Gr. Com. De Vathenau. Comme je souhaitai de vous faire part comment cette affaire seroit aplanie, je me crois obligé d’attendre jusqu’à ce que je puisse vous mander quelque chose de certain sur la réussite des moyens que V. G. a eu la grâce de me fournir. Je me suis donc, conséquemment à vos salutaires conseils, adressé au Chevalier de l’Etoile, pour faire usage de médiation dans une affaire où il peut beaucoup et si je ne me trompe pas, où il peut tout. Dans cette vue je n’épargnois rien pour le gagner. Flatterie, contestations, représentation du bien qu’il feroit à l’Ordre, tout y a été employé : ce qui a produit qu’il ne ma pas désisté de ses bons offices, par lesquels il a entièrement terminé ces fâcheux différents.
Le Commandeur de N…au a reconnu le tort qu’il avoit eu dans cette affaire et à promis de visiter les loges comme auparavant, demande sur laquelle j’étois le plus, considérant les suites que pouvoit avoir une résolution que ce Commandeur avoit prise dans la fougue de son premier dépit et qu’il avoit exécuté si malheureusement à l’installation de la nouvelle loge. Je suis donc pleinement satisfait de la façon, comme il s’est accommodé et je ne lui ferai jamais sentir en aucune manière, comme si je n’eusse pas oublié l’effet de son impétuosité. Je sais trop bien dénoter l’intérêt public avec celui de ma personne pour me prêter aisément à une démarche que le bien de l’ordre et celui de mon Chap. demandent mutuellement. Plut à Dieu que mes frères le sussent aussi ! Mais jusqu’ici je fais tous les jours d’épreuves par où je vois que cette façon d’agir est pour eux un chemin difficile où ils bronchent à chaque moment. Dans une lettre à la magnificence le Prieur je me suis étendu en long sur ce chapitre, et comme je ne doute pas qu’il l’aura montré à Votre Grandeur je me dispense de le répéter.
Il y a d’autres points dans la lettre de V.G. qui demandent de la réponse porteront le leur, pour vous fatiguer d’une lettre assez longue. Quelle obligation ne dois-je pas à V. G. des témoignages gracieux que je trouve à chaque page. Je n’y vois qu’un homme plein d’humanité qui parle en ami sur mes fautes, sur lesquelles il pouvoit me corriger en supérieur, et dont je me sens coupable. Je ne cède point à V. G. que je m’accuse moi-même de ne m’avoir pas toujours assez prêté à mes frères, qui en même temps se disent mes amis et sous ce titre font prétention à mon entière confiance. Aussi en m’accusant de cette faute, je me prends aussi la liberté d’assurer V. G. que ce n’a pas été par orgueil me pensant supérieur à eux, non plus par un mauvais usage de mon autorité. La force d’un naturel malheureux, qui m’entraine à la réserve a été la source d’une conduite que je reconnois pour équivoque et choquante. Le même penchant m’empêchant de gouter les charmes les plus doux de l’amitié.
Avec un grand fond de tendresse et de droiture je ne me livre jamais par cette réduisante faiblesse qui nous entraine vers nos amis, par cet invincible transport qui fait que nous déployions dans un sein dont nous connaissons la sureté. Si je fais donc des confidences c’est à propos délibéré et pour ainsi dire en forçant le naturel.
Vous pouvez bien croire que ce mouvement forcés se font aussi peu qu’il soit possible. Pour guérir d’un faible sur lequel je passe condamnation, il me faudroit un ami qui avec beaucoup de sentiments d’humanité, auroit éprouvé lui-même les passions aux quelles nous sommes sujets, à qui l’usage du monde auroit donné l’heureux don d’être un censeur aimable, qui dans la plus grande cordialité ne se dispense jamais de ces petits égards que la politesse et l’art de plaire nous prescrivent de temps en temps. En écrivant ceci, peu s’en faut que je ne craigne d’avoir l’apparence de faire un peu trop le délicat, sur une rencontre qui ne dépend guère de nous. Pourtant considérez, Seigneur, que de grands maux demandent des remèdes singuliers, et vous aurez la grâce de m’accorder que je n’ai pas tout à fait tord. Malheureusement je suis en liaison avec des gens qui font le contraste du modèle que je viens de peindre. L’un est un esprit sec qui ne connoit que des vérités bonnes pour être calculées, mai non pas pour être senties, qui prône des sentiments dont il a fait provision, par une lecture à laquelle il s’attache plutôt par vanité que par gout. L’autre est un esprit borné, brusque d’humeur ou d’éducation, le métier, et le genre de vie qu’il mène conspirent à étouffer tout ce que la nature lui a prêté de sentiments ; qui confine son excellence aux bornes étroites de son métier. Un autre est un esprit faible, qui n’a que peu ou plutôt point de sentiment que conformément à celui auquel il veut faire plaisir d’une manière servile, en quoi il fait consister un grand art de plaire. Jugez Votre Grandeur, si des gens tels que je les connois me guériront d’un défaut enraciné. Je n’accuse pourtant pas la fortune, comme une marâtre qui m’ait ôté tous les miens pour revenir de mon mal. Grace au ciel ! il y a encore pour moi des cœurs sur lesquels sur lesquels j’ai pris mon modèle, qui pourroient me faire revenir s’il n’y avoit plus qu’une sorte d’éloignement qui m’empêchoient d’en faire l’usage devisé.
Telle est la confession générale que j’ai du faire tant pour mon repos, que pour satisfaire à l’impression que vos réflexions sensées ont fait sur moi V. G. la pardonnera et fera grâce à mon entretien qui en parlant trop de moi, semble déroger au profond respect que je vous dois. Prenez le pour une marque que je ne suis pas ingrat aux sentiments que vous me portez. Pénétré d’eux je tâcherai de témoigner à Votre Grandeur ma vraie gratitude, en me conformant exactement aux règles qu’elle a eu la grâce de me donner. Faible copie d’un modèle au quel je ne saurois atteindre, je rédigerai en maximes un avis que l’excellence de votre cœur m’a cru nécessaire, tant pour le bien de l’ordre, que pour mon propre contentement.
e ne suis pas en état d’exprimer à V. G. la sensibilité, dont m’a saisi le zèle que le Chev. du Scrorpion à montré à l’ordre dans l’approche d’un terme où le masque tombe ordinairement et où des sentiments prêtés s’évanouissent.
La nouvelle m’a paru trop intéressante pour n’en pas faire part à mes frères qui ont été émus d’une façon signe de l’action. Ai-je tort V. G. si je vis que ce sont les restes d’une religion qui est plus faite pour notre système que celle que nous professons. Un catholique est né pour ainsi dire avec l’esprit de l’ordre : Dès l’enfance il reçoit des impressions de ce que signifie l’obédience dans le langage des ordres que la coutume et la religion lui fait envisager comme respectable ; enclin à différentes sortes de vœux, que sa foi lui dicte, il est prêt à observer toute obligation dont vous lui aurez démontré la sainteté. Ce son des sentiments auxquels le Chev. de l’Etoile ne se prête pas si aisément, qui est prévenu contre les Catholiques sans les connaitre, n’ayant pas eu l’occasion d’être parmi eux. Si je ne me trompe sa Magnificence les goutera non plus.
V. G. aura la bonté de me montrer s’il y a du tort dans cette opinion, afin que je puisse revenir d’une erreur, dont je ne me désisterai qu’après votre jugement. Je suis si hardi de joindre la lettre, que j’ai écrite par vos ordres au Chev. du Scorpion, pour lui faire tenir par vos mains. Je lui écris en latin, qui lui est le plus familier.
Le Chev. du Cygne (ou le [Capis. d’Elbée]) a été me voir il y a 8 jours en passant par ici à Paris, où il séjourna pendant l’hiver. Comme il n’a pas été à Dresde après sa sortie de Koenigstein il n’a parlé à aucun de nos frères. Il semble avoir encore la même estime pour notre ordre, que V. G. lui a elle-même remarqué l’hiver passé. Il m’a chargé de vous témoigner ses inviolables respects et de vous prier des recommandations pour lui à une loge frère. Pour cette raison il m’a laissé son adresse que j’enverrai à V. G. au premier commandement, si elle ne juge pas faisable de me charger de ses lettres.
Il y plus qu’un mois que j’ai écrit à V. G. avec une grande […] de Bayreut. Je suis dans une pénible inquiétude que cette lettre ne soit perdue.
Je suis avec le plus profond respect de Votre Grandeur.
De N…
Le très humble et très obéissant et très dévoué serviteur et frère George Chevalier de la Colonne.
Ce 28/17 d’octobre 442/1755
1751: Première ébauche du rituel de Stricte Observance
En préliminaire il ne faut jamais perdre de vue que le système templier maçonnique serait introduit dès 1730 en Allemagne dans une Loge d’Umwurden où serait initié un certain Kesser Von Sprengeisen, homme qui est l’auteur de l’ouvrage L’Anti Saint Nicaise. Ce Chapitre templier fonctionnerait de 1730 à 1740 en Haute Lusace.
En liminaire ne perdons pas de vue que, selon certains auteurs, les rites templiers viendraient de France mais que d’autres comme Meunier de Précourt leur confirme une origine allemande.
Mais en tout état de cause en 1749 : H.G. de Marshall introduit la maçonnerie templière dans la Loge de Naumburg, Von Hund fait de même à Kittlitz avec les rituels d’Umwurde.
Les premiers rituels de Stricte Observance sont écrits par le Chevalier du Phénix Ressuscité. Dans une lettre adressée à Von Hund datée du 26 octobre 1752 il évoque les rituels qu’il a terminé et qu’il désire lui présenter pour avoir son accord. Dans cette lettre il invite Von Hund à venir à Naumburg, Loge déjà citée précédemment.
En 1751 le Grand Maitre de la Grande Loge de Paris dependante de la Grande Loge de Londre et de Westminster installe Karl Von Hund comme Grand Maitre et Grand Pieure de son Ordre des Chevaliers du Temple de Jersulem qui travaillera maconniquement l'integralité de son systeme (du premier au derniers grade)
De 1752 à 1754 : Von Hund avec l’aide du Chevalier à la Colonne, du Phénix Ressuscité, des Frères Schmidt et Von Tanner travaille à la création de rituels des Haut grades propres à sa vision templière. Pour les premiers gardes les rituels de 1752 ne sont guère modifiés de ceux employer par la Maçonnerie majoritaire travaillant au rite Modern, quelques changements mineurs seulement font ce qu’il est convenu de nommer Le rite de Stricte Observance. Les rituels crées par l’Eques a Colonna et l’Eques du Phénix Ressuscité sont adoptés, rituels des quatre premiers grades venant de France et remis à l’ordre du jour « continental ». Le grade de Novice est créé car il n’existe pas en Chevalerie équestre templière et le dernier grade de Chevalier du Temple est issu simplement des rituels des chevaliers teutoniques presque in extenso.
1764 : Le reveil de l'Ordre et de son rite de Stricte Observence
Lors du Convent d’Altenberg en 1764 on décide l'adoption de rituel propre aux rite de Stricte Observance pour les quatre premiers grade. Transmis par les Freres Schmit et Von Tanner du College Jesuite de Clemont a Paris. Apres de mutiple ecange et correspondance avce Karl Von Hund ils vont enfin lui etre remis et approuvé pour l'Ordre.
Il va également doté l'Ordre d'une Obedience pour gerer les grades symbolique (4 premier grades). Ainsi va naitre l'Obedience "Les Loges Reunies"
Pour les rituel, l’importance de l’alchimie va les transformer et les enrichir car à Altenberg on propose de faire figurer les « travaux alchimiques » dans le programme de la Stricte Observance. Les dénommés Docteur Jaenish et Rosa pensent alors que le vrai but de la franc-maçonnerie est l’alchimie et que cela doit remplir les caisses de l’Ordre sans avoir recours à un plan économique. Le 1 Juin 1764 le Grand Chapitre va même jusqu’à envoyer à tous ses membres un Pro Memoria contenant la description de la transmutation des métaux et la préparation de différents fondants afin de remplir les caisses de l’Ordre. Au vu des résultats négatifs des travaux, en novembre 1765 le moratoir touchant a sa fin, Il sera décider que la maconnerie ne sera plus operative mais sera deshormais que speculative. Avec Jaenish il vas crée le grade de Chevalier Profes (7 eme grade de son systeme)
La Stricte Observance en 1764
Influences religieuses et civiles
Nous sommes en 1764 juste au début d’une nouvelle ère après la guerre de sept ans. La guerre de sept ans (1756-1763) est un conflit majeur, le premier à pouvoir être qualifié de « guerre mondiale. » Elle mêle de façon conséquente les grandes puissances de l'époque, regroupées dans deux ensembles d'alliances antagonistes, se déroule simultanément sur plusieurs continents et théâtres d'opérations, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Inde.
Le système de la Stricte Observance naît le 24 juin 1751 avec la création par Carl Gotthelf von Hund, Eques ab Ense, d’une Loge à Kittlitz, suivie de celle d’un Chapitre. La guerre de sept ans en arrête le développement mais celui-ci reprend dès la fin des hostilités.
Dès 1751 l’Allemagne en guerre est alors « interpellée » par le « renouveau du piétisme » dont le symbole est la « secte des Frères Moraves » secte religieuse, secte condamnant la seigneurie et le servage, demandant l’égalité sociale et une justice sociale, demandant une application rigoureuse des évangiles, dispensant des discours sur l’homme comme : le chrétien doit vivre hors de ce monde, demeurant un hôte sur terre et un étranger ici-bas, pratiquer la tolérance et ne devant désespérer de personne. On peut légitimement penser que la maçonnerie des Illuminés de Bavière est dans le droit fil de ces idées.
Mais le piétisme est une façon de penser très proche du luthérianisme. Pour lui le refus du monde et de ses tentations est le signe d’une véritable recherche spirituelle. C’est ainsi que sont constituées des « collégia pietatis » où les chrétiens se réunissent souvent pour des lectures de dévotion et des échanges spirituels. De nombreux feudataires y sont associés et ont l’habitude de travailler sur la Bible et des échanges spirituels. Les Loges spiritualistes maçonniques ne font en Allemagne que poursuivre un chemin déjà tracé vers la spiritualité et la connaissance précise des textes de la Bible.
Ce piétisme nouveau se tient à mi-chemin entre « l’église des saints » et les mouvements religieux opposés à cette idée chez les « réformés ». Dans la mouvance catholique l’église montre de grands signes d’inquiétude. Au vu de ces différents mouvements l’église est inquiète et pense au schisme qui risque de se produire entre, et plus fortement, les chrétiens en Allemagne et ont même peur de disparaître.
C’est dans ce cadre que les francs-maçons allemands évolent avec des attitudes de tradition et d’Ordre, pensant que les vraies traditions peuvent permettre de surmonter ces incertitudes et leur désir de renouer avec une véritable tradition est grand. Pour eux la vraie tradition est « la science de l’homme » c’est-à-dire la connaissance de son origine et de sa destination.
Ainsi pour ces francs-maçons, la franc-maçonnerie vulgaire, c’est-à-dire sans hauteur spirituelle est une branche détachée et peut-être corrompue d’une tige ancienne et respectable. Alors, comment ne pas se tourner vers les modèles laissés par les templiers et leur organisation ?
Il est vrai que pour certains maçons de nos jours la notion de « christianisme primitif » est une manière de s’accommoder des prescriptions trop précises de certains rituels dits rectifiés et d’en faire une sorte de « machine de guerre antireligieuse ». Mais il n’en est point ainsi au XVIIIème siècle. Les francs-maçons de l’époque pensent donc que la spiritualité est ce qui permettait de réunir les maçons entre eux, au-delà des divergences théologiques des confessions chrétiennes. Le grand leitmotiv de ce christianisme primitif est résumé dans l’adage : Aime ton prochain comme toi-même.
Ce type de préoccupation est un courant de pensée allemand très ancien, illustré par les dénommés Spenser et Arnold. Pour les tenants de Spenser, issu du mouvement des collégia pietatis l’objectif est l’imitation des premiers chrétiens. Pour les tenants d’Arnold on aspirait à revenir à une église primitive comme moyen de régénération de la chrétienté. CE sont des partisans d’une église ressemblant à celle des premiers siècles de notre ère sans les choses temporelles et séculières déformant la spiritualité religieuse. Leur direction de pensée devient ainsi de plus en plus anticatholique.
L’attitude des maçons catholiques se rapproche très souvent de celle des protestants désirant que l’église revienne à son statut évangélique sans plus et ainsi pour eux il n’y a plus de risque de confusion entre le domaine religieux et le domaine initiatique. Cette idée fait naître deux courants :
Le premier est le refus de toute église ou d’une église non liée à des dogmes ou à des rites spéciaux désirant ainsi créer une sorte de « pépinière du sacré », libre de toutes influences. Le cœur du chrétien est la véritable église. Une autre attitude existante au sein de la maçonnerie allemande de l’époque n'est pas de refuser l’église mais plutôt de tendre vers sa régénération. Leur intériorité n’est pas une fin en soi-même, c’est une nourriture particulièrement adaptée pour une sorte de « traversée » du désert à laquelle succéde une « effusion de l’esprit ». Il doit donc y avoir un rapprochement des différentes formes de pensée chrétiennes, globalement on peut parler de « christianisme transcendant ». Cette notion apparait d’ailleurs déjà dans les discours de Ramsay : « Les vraies religions » forment un pan christianisme puisque la vérité est une et qu’elle vient de l’esprit de vérité ». Ce christianisme transcendent doit permettre une révélation par excellence, achevant et perfectionnant les traditions et les révélations. Cette façon de penser devient un mélange de pensée platonicienne, de philosophie hermétique et d’origénianisme, le tout souché sur une base chrétienne. Ainsi la franc-maçonnerie n’est pas une pierre d’achoppement ni une pierre de contradiction.
Il ne faut jamais perdre de vue que les plus anciennes traditions maçonniques sont chrétiennes, donc nous n’avons pas à nous justifier de pratiquer la maçonnerie d’origine et de ne pas participer aux tentatives de déchristianisation des rituels ou de la société. N’oublions pas non plus que nous reconnaissons le caractère universel du symbolisme constructif et le message qu’il véhicule. Certes nous possédons des règles mais celle-ci ne sont pas des principes d’exclusion mais bien un principe d’union avec le monde. L'Ordre n’a jamais eu comme but la restauration d’aucun culte et ses légendes historiques n’ont qu’un caractère symbolique et n’impliquent nullement l’attachement à un dogme tel qu’il soit. Et même si nous allons plus loin, la présence de la Bible dans les Loges n’est qu’un livre religieux mais qui contient l’ésotérisme ancien expliquant l’origine de la vue sur terre. Si nous poursuivons encore cette idée la portée des travaux spirituels dépasse la portée exotérique de leur contenu et nous n’abordons toujours que la partie spirituelle cachée dans la partie externe de nos travaux. Si nous regardons de près une partie du recès de Wilhemsbad nous trouvons cette citation : Nous avons résolu de déclarer comme nous déclarons et protestons que l’unique but de notre association est de rendre, ainsi que chacun de des membres recommandables et utile à l’humanité par l’amour et l’étude de la Vérité, par l’attachement très sincères à nos dogmes, devoirs et pratiques, ce dans le sens le plus étendue...
Le domaine initiatique est bien différent du domaine religieux et le fait d’appartenir à une « confession chrétienne » n’implique aucunement une confusion dans l'esprits entre le domaine initiatique et religieux. Nous suivons ainsi un principe universel de toute maçonnerie de tradition : L’appartenance à une confession chrétienne ne témoigne aucunement une confusion à titre personnel. Il s’agit d’un principe fondamental dans toute tradition régulière, qui veut que l’entrée sur une voie initiatique n’autorise personne à se soustraire aux règles de portée générale dénommées ailleurs exotérisme qui concernent tous ceux qui vivent à l’intérieur de la tradition considérée. (Jean Saulnier)
Si nous reprenons les propos de René Guenon sur ce point : L’exotérisme, bien loin d’être rejeté doit être transformé dans une mesure correspondante au degré atteint par l’initié puisque celui-ci devient de plus en plus apte à en comprendre les raisons profondes et, par la suite, ses formes doctrinales et ses rites prennent pour lui une signification beaucoup plus réellement importante que celle qu’ils peuvent avoir pour le « simple » exotériste. C’est pour cela que le caractère chrétien de la maçonnerie « dite rectifiée » correspond bien à la fonction traditionnelle et universelle de l’Ordre et se situe dans la régularité française définie en dernier lieu d’ailleurs en 1813. Cette idée se retrouve chez Jean Baylot : Crée dans l’attachement à la foi chrétienne, imposant à ses membres cette foi, recueillant leur serment sur les évangiles, la maçonnerie française à la fin du XVIIIème siècle était à l’opposé de l’athéisme, voire même du rationalisme.
En ce début d’un nouveau siècle que l’on espère « spirituel » aucune progression dans la voie d’une maçonnerie traditionnelle ne peut être envisagée sans une étude sérieuse des causes profondes du changement d’orientation d’une si large frange de la franc-maçonnerie française en ce qui concerne le caractère chrétien de l’Ordre.
Oui l’Ordre est chrétien comme le dit un rituel du rectifié et notre attachement à la religion chrétienne n’est pas de l’ordre des églises constituées, dogmes religieux, mais un attachement très fort aux valeurs véhiculées d’amour et de compassion. Pour nos anciens pères fondateurs les saintes écritures n’ont jamais contenu des dogmes, le Christ n’ayant d’ailleurs jamais laissé derrière lui un seul écrit personnel. Le but était bien d’exhorter tout chrétien à travailler sur lui-même, à renouveler l’alliance et à redécouvrir la Jérusalem céleste qui lui est intérieure avec comme finalité peut-être une réintégration, une réintégration dans l’état qui a précédé la chute de l’homme compensant alors la disparition des hiérarchies spirituelles, politiques et sociales de l’époque.
La maçonnerie « rectifiée » a subi ainsi de nombreuses influences dès le début du XVIIIème dans la rédaction des rituels d’où il ressort que l’idée de s’appuyer sur une trame templiere n’a pas d’autre sens que celui d’une quête de spiritualité intérieure au-delà des dogmes d’églises. La grande idée de cette maçonnerie traditionnelle est de rechercher Dieu et d’atteindre une certaine perfection morale et spirituelle. La recherche des fondateurs de trouver la spiritualité « divine » est très grande et il n’y a qu’à voir leur demande de rituels plus spirituels comme ceux des grades sacerdotaux de Gogunos ou Starck agrée au Convent de Kohlo de 1772 pour mieux s’en séparer d’ailleurs en 1776, jugeant ces rituels non conformes à une ascension personnelle de spiritualité et trop catholique. De ces nombreuses influences ne perdons pas de vue une des clés du piétisme qui permet de comprendre la valeur et la portée des rituels : Pour s’élever spirituellement il faut avoir connu une lutte intérieure comprenant une phase de désespoir pour mieux s’élever en ayant combattu nos propres démons. (voir nos rituels de réception). Il existerait ainsi en nous des entités intelligibles dont le contenu est totalement extérieur aux contingences de nos expériences dites sensibles, voire concrètes. Il faut alors entendre par « entités » les concepts, les idées, les nombres, la logique voire le conceptualisme.
Cette recherche de spiritualité est depuis toujours le moteur des promoteurs de la Stricte Observance. C'est une recherche permanente et l’on voit même une influence de Swedenborg apparaître fortement pour la naissance du septième grade de Stricte Observance. Le traité de la relation qui subsiste entre le spirituel et le matériel dans Du commerce de l’âme et du corps d’Emmanuel Swedenborg le montre fortement : cette théorie fait découvrir trois influences sur le commerce entre le corps et l’âme : l’influence physique soit le monde des apparences et des illusions des sens, l’influence spirituelle soit l’ordre et ses lois, et l’harmonie préétablie soit les illusions et les lueurs trompeuses de la raison, car l’esprit dans l’opération agit en même temps que le corps, en harmonie.
Les connaissances surnaturelles sont donc le but premier de leurs travaux et surtout de leurs espérances et ils pensent que rien ne peut empêcher l’homme de se mettre en communication avec le monde spirituel par des travaux spéculatifs et ainsi d’avoir une sorte de liaison avec les esprits. Faut-il continuer à déchirer en deux la tunique du Christ ? ou celle de saint Martin ?
La classe des Alchimistes
au sein de la Stricte Observance.
Cette classe des alchimistes porte également le nom de « classe des laborantins ».
En plus des sept degrés de la Stricte Observance un degré d'alchimiste est introduit pour les Frères qui souhaitent se consacrer au travail alchimique des ordres intérieurs. Ce degré reste caché des sept premiers grades de la Stricte Observance. Il en était de même dans les loges française avec les arrière loge philalètes se livrant a des expériences mystico physique.
Plan de la salle des grades alchimiques
Ce document apparait dans la littérature consacrée à la Stricte Observance et il en existe des représentations picturales dans les archives consacrées à la Stricte Observance de Copenhague. On peut supposer son existence réelle, même si ce degré est probablement très insignifiant et à peine exploité.
Le travail « alchimique » semble donc se poursuivre dans les hauts grades mais en dehors d’un « cursus maçonnique » habituel. Ainsi dans les rangs de la Stricte Observance le travail alchimique se poursuit, mais sans qu'il soit intégré dans un certain degré de connaissance, voire même placée au-dessus du dernier degré de connaissance.
Au vu de cette représentation lors du travail en laboratoire alchimique les Frères portent un habit et un tablier et ils opèrent donc selon des instructions rituelles en tenue maçonnique. Dès 1754, les Frères de la Loge de Naumburg se réfèrent aux sources présumées de l'immense richesse des templiers à l'époque historique, ce qui pousse le chapitre provincial du 12 mars 1755 à édicter ce qu'on appelle les Règles de conduite des Frères qui veulent se consacrer au travail chimique - c'est-à-dire alchimique - dans l'intérêt de l'Ordre.
Dans le corps de ces règles de conduite, l'instruction, composée de neuf articles, consiste à créer une nouvelle classe au sein de l'Ordre, avec des privilèges sur les autres Frères. Toutefois, ils sont tenus de mettre toutes leurs connaissances exclusivement au service de l'Ordre. Les Frères intéressés sont soigneusement examinés et sélectionnés en fonction de leurs connaissances en chimie et en physique et on leur demande un engagement total dans leur travail. Ces techniciens de laboratoire travaillaient sans faire appel au mysticisme, mysticisme pratiqué jusqu'à présent par les adeptes de l'alchimie et surtout sans les influences des étoiles, sans la philosophie arithmétique ou même sans une prise de pouvoir spirituel au-delà du septième grade.
Planches représentant des tabliers « alchimiques » de la Stricte Observance en 1760
Au vu de la représentation des tabliers provenant des fonds d’archives maçonniques de Copenhague, au vu de leur présentation picturale, il semble que le tire de « Docteur en Chimie » indique un grade « pratique » de connaissances alchimiques et que ce travail de la pratique de l'alchimie dans les rangs des Frères de la Stricte Observance est considéré comme une forme intermédiaire se situant au-delà des grades symboliques.
Il est vrai que ce degré ne se trouve pas dans les archives de Copenhague en sa forme rituellique mais au vu des « représentations picturales » laissées et conservées on ne peut guère douter de son existence puisque les personnes représentées portent évidemment vêtements rituéliques comme le tablier et le chapeau haut.
Salle de travail des Alchimistes en 1770
Lors du Convent d’Altenberg de 1764 la Stricte Observance propose de faire figurer les « travaux alchimiques » dans le programme « officiel » de la vie de l’Ordre. Les dénommés Docteur Jaenish et Rosa pensent alors que le vrai but de la franc-maçonnerie est l’alchimie et que cela devrait remplir les caisses de l’Ordre sans avoir recours à un plan économique. Le 1 Juin 1764 le Grand Chapitre va même jusqu’à envoyer à tous ses membres un Pro Memoria contenant la description de la transmutation des métaux et la préparation de différents fondants afin de remplir les caisses de l’Ordre. Au vu des résultats négatifs des travaux, en novembre 1765 cette idée est totalement abandonnée afin de se concentrer sur des travaux plus spirituels lors de la pratique des sept premiers grades.
Pourquoi entrer en maçonnerie en 1764 ?
Pratiquer un rituel de 1764 en 2020 est-ce une gageure ? En 1764 la vie avait ses façons de fonctionner : travail, religion, vie sociale etc...Sommes-nous voués à n’être que des débuts de vérité comme disait René Char ou devons-nous chercher une vérité « plus élevée » ? La vérité est-elle de tous temps ou la Vérité n’existe-t-elle qu’au travers de toutes les vérités ? Pour le comprendre tentons de trouver ce qui faisait « le succès » des rituels maçonniques de l’époque dans leur pratique.
Nous pouvons également nous poser la question si pour bien comprendre le Rite Ecossais Rectifié, ne fraudais t' il pas étudier sa plus grosse base, la Stricte Observance sans parler des idée de religion primitive véhiculer par Von Stark.
1745 : Le sceau rompu :
Le but du postulant est « l’Amour de la Vérité », il veut vaincre ses passions, soumettre sa volonté et faire de nouveaux progrès en Franc-maçonnerie », oui en ... Franc-maçonnerie. Etant dans les ténèbres ; il voulait Voir la lumière. Devenir maçon faisait de l’impétrant un « maçon de théorie » c’est-à-dire qu’il devait avoir une bonne morale, des mœurs épurés et se rendre agréable à tout le monde. On est loin de l’empathie actuelle, ou hypocrite voire égoïsme de notre époque. L’altruisme était bien alors une vertu à laquelle on aspirait. Les maçons recevaient la Lumière du MIDI avec l’instruction. Ils travaillent du lundi matin au samedi soir avec Zèle, Ferveur et liberté. Ils devaient de plus travailler dans le silence, le secret, la Prudence, la Charité entre frères et éviter la Calomnie et la médisance, deux états d’être qui n’existent plus chez certains maçons de nos jours. Mais les maçons de 1745 ne cherchent pas ce qui a été perdu soit la parole du maître, celle d’Hiram car elle a été retrouvée grâce à la maçonnerie.
1747 : Les francs-maçons écrasés :
A la question posée : Où allez-vous ? il était répondu : Au bien, au vrai et à l’utilité.
Et à la question suivante : Qui le montre ? il était répondu : Une lumière qui ne s’éteint point, la Lumière du Grand Architecte.
Et à la question : D’où vient l’aveuglement ? il était répondu : De la faiblesse, de la volonté et de l’ignorance.
La lumière reçue en loge était alors de couleur argent, référence au fil d’argent de l’Apocalypse de Jean certainement. Le but du maçon était de servir les ouvriers dans un temple de la vérité. La définition du Maître en 1747 caractérise le « vouloir » de l’impétrant : Je vous tuerais et vous ressusciterais avec les armes de l’amour, l’apparence de la fureur et l’apparence de l’amour.
1748 : Nouveau catéchisme des maçons :
Dans le « nouveau catéchisme des maçons » de la franc-maçonnerie de 1748 nous trouvons des détails fort intéressants ou instructifs. La notion de Jakin est délivrée dès le premier grade, mot traduit alors par : Ma force est en Dieu . Le but d’entrer en maçonnerie était de vaincre ses passions, soumettre sa volonté et faire de nouveaux progrès en franc-maçonnerie. L’impétrant était reçu car il était dans les ténèbres et avait voulu voir la Lumière et la chercher. Cette recherche est faite dans le « giron » de Dieu, dans son concept religieux de Foi et de croyance. Il va désirer « répandre » la Lumière et chercher la parole perdue. C’est alors à la maçonnerie de lui donner « des grains à moudre » pour qu’il réalise son « vœu ». Le maçon de 1748 possède et doit posséder trois vertus pour avancer dans sa quête : Le zèle (la craie), la ferveur (le charbon) et la confiance (la terrine), vertus qui lui seront proposé dans le tableau qui sera porté devant ses yeux. Notons au passage l’apparition de la « terrine » qui est chère au Rite Ecossais Rectifié.
1757 : Le maçon démasqué :
Dans ce rituel est évoqué de façon claire les enfants du prétendant et le rétablissement des Stuarts sur le trône d’Angleterre. Ils y travaillent du lundi matin au samedi soir également avec Liberté, ferveur et confianc. Grâce à la « truelle » ils peuvent cacher leurs défauts pour chercher la Lumière avec la craie, le charbon et la terrine afin de répandue la Lumière.
Et en 1787 : Maçonnerie Adonhiramite :
Dans les recueils de maçonnerie Adonhiramite de Guillemin de Saint Victor, au grade d’apprenti (1787) nous découvrons que le profane vient en maçonnerie pour vaincre ses passions, soumettre sa volonté et faire de nouveaux progrès par l’étude des sciences et la pratique des vertus. Ainsi science et vertus étaient alors reliées. Ils pensaient connaître la Lumière par l’ensemble de la connaissance des vertus. Ainsi ce qui dominait c’était l’exercice des vertus pour atteindre la Lumière. On arrive surtout à profiter des Lumières par le Zèle, le Travail et la Prudence, ce au premier grade. Ces trois vertus n’ont plus très cours de nos jours en 2020.
Pour nos anciens de 1787 « la force est en Dieu ». Ils ne rejettent en aucun cas l’aspect déiste de leur rite et leur « croyance » en Dieu.
Dans le grade suivant il est dit : recevoir vos ordres et profiter de vos lumières et se réunir pour être instruit dans l’art Royal en se livrant à l’étude des sciences. L’apprenti de ce temps-là comprenait rapidement qu’il n’était pas le centre du monde et qu’il devait respecter ses anciens qui eux pratiquaient l’étude des sciences. L’étude des sciences est bien le pivot de l’investissement en maçonnerie.
Le Maitre, quant à lui devait tracer des plans qui devront servir d’exemple aux compagnons. Pour ce faire il fallait user de Zele, Ferveur et Constance. Voici deux nouvelles vertus dans leur parcours.
Mais pour avancer il leur fallait « la clé » qui devait ouvrir les portes de la perfection et aller vers l’espérance de devenir « Parfait ».
Le maçon de 1764 ne devait être ni athée stupide ni libertin irrévérencieux. La franc-maçonnerie de l’époque ne se substituait pas à la religion que chacun professait librement car aucun maçon n’avait à abandonner sa propre religion. C’était le temps de la liberté, de l’acception de l’autre en ce qu’il était et de l’égalité parfaite en esprit entre les hommes.
Pour faire un petit inventaire des qualités maçonniques de l’époque pour faire « un vrai maçon » il devait mettre en pratique ces diverses « vertus » : Zele, Ferveur, liberté, silence, le secret, la Prudence, la Charité, l’amour du bien, du vrai et de l’utilité, la confiance, du travail avec de la constance. Tout cela devait se faire dans l’Amour, sans faiblesse, sans calomnie ou ignorance avec une véritable Volonté de s’élever.
La constante majeure de ces rituels est la Connaissance, la véritable Connaissance par la vertu du travail dans l’amour de l’autre et non le savoir être ou le paraître, C’est là semble-t-il le véritable but de l’homme pour progresser plus encore dans sa quête vers lui-même. Pratiquer des rituels toujours « intacts », sans « modification » n’est pas stupide car cette recherche de sens devient intemporelle et n’a pas de siècles. Tout change autour de nous, tout tourne autour de nous mais le centre est toujours le même, la Connaissance et l’Amour des vérités.
Le convent de Berlin en 1773
Les délégués de la Stricte Observance et des représentants et la Grande Loge d’Allemagne se réunissent du 14 au 19 octobre 1773 à Berlin à l’invitation du Duc Carl Von Mecklenburg-Strelitz, Eques a Applio Purpure.
Les représentants à ce convent sont pour l'Ordre des Chevaliers du Temple de Jerusalem et son Obedience Les Loges Reunies (travaillant a la Stricte Observance) le Prince Friedrich August de Brunswick qui en assure la présidence et le Prince Ludwig de Hesse et Von Zinnendorf qui représentent la Grande Loge d’Allemagne.
Pour les deux parties, l'objectif principal de ce Convent est l’idée d’une rédaction d'un traité d'alliance plus qu'une victoire morale de l'une des Obédiences sur l'autre, voire dans le but de soumettre l'autre.
Les Loges Reunies souhaite également recevoir à nouveau des informations sur l’origine de la patente et sur la méthode d'enseignement de la Grande Loge d’Allemagne mais cette tentative échoue du fait des réponses évasives apportées par Von Zinnendorf et ce à plus de 30 questions.
Von Zinnendorf à la demande de ses pairs nie la régularité et aussi l’origine du système de Stricte Observance. Contre sa preuve argumentative que la Stricte Observance ne provient pas des Templiers, aucun argument approfondi n'est avancé par les représentants des Loges Reunies et d'autre part Von Zinnendorf fait référence au fait que les vrais maçons appartiennent uniquement aux Loges qui seraient reconnues par l'Angleterre, mais qui ne s'appliqueraient qu'à la Grande Loge d’Allemagne mais pas à la Stricte Observance. Ces propos crée un grand émoi chez les membres des Loges Reunies.
Toujours pour Zinnendorf même si dans les trois premiers degrés symboliques et le degré Ecossais, on peut encore discerner une identité presque complète entre le système de Stricte Observance et celui de la Grande Loge, dans les degrés supérieurs les différences sont si graves que toute réconciliation semble impossible.
Quand Von Zinnendorf dit clairement que la Grande Loge ne travaillerait pas sur l'Ordre du Temple, ce qui, selon l'usage linguistique de l'époque, signifie que la Grande Loge ne pratique pas l'alchimie, il est clair pour tous que la Grande Loge cultive une autre branche de l'occultisme, à savoir les différentes formes de la magie.
D'ailleurs, Von Zinnendorf ne donne que des réponses en forme d’énigmes incompréhensibles aux Frères de la Stricte Observance à travers des réponses totalement correctes, qui ne sont compréhensibles finalement que par les Frères de la Grande Loge. C’est ainsi qu’il arrive à éluder 30 questions posées par la Stricte Observance.
La Stricte Observance qui désire un rapprochement va demander que ces deux entités ne reconnaissent qu’un supérieur et patron commun aux deux systèmes. Mais le duc Ferdinand de Braunschweig, Grand Maître de la Grande Loge d’Allemagne rejette l’idée de Von Zinnendorf en disant qu’il a d’abord besoin de l'approbation de la Grande Loge de Londres pour prendre une décision.
Le convent se termine sans aucun résultat réel ni même la trace d'un rapprochement avec des accords dénués de sens, seul un statu quo est fait, combiné à un droit de visite limité des Frères des deux rites, mais s’ils devaient troubler la paix ils seraient punis. L’invitation de participer aux tenues de Loge est réciproque et les deux Grandes Loges doivent communiquer leurs invitations à tous.
Le bilan de ce convent est simple : la tentative de la Stricte Observance d'intégrer la Grande Loge dans son système échoue.
1775 : Une normalisation voulut par le nouveau Grand Maitre de l'Ordre Ferdinand de Brunswick
Le nom de Stricte Observance est créé et utilisé par l’Ordre à compter du convent d’Altenberg. Ce nom est alors officiellement abandonné, bien qu’utilisé encore dans certaines Loges, sur le motif suivant : Parce qu’elle contredit la tolérance mutuelle et l’amour fraternel qui sont censés s’établir entre les Francs-maçons ; Il nous fallait abandonner cette appellation de Stricte Observance!
L’appellation du rite devient ainsi Rite Rectifié ou reformé Allemand mais continuèrent a être surnommé rite de Stricte Observance.
Suite a de nombreux probleme sur la question des superieurs inconnu soutenu par Karl Von Hund. Ferdinand de Brunswick est élu Grand Maitre et Grand Prieur de l'Ordre en 1772.
Les riteul vont etre profondement modifié afin de se conformer au rite majoritaire de l'époque "Le rite Modern" au convent de Meiningen.
Johan August Stark obtient que les rituels soient revus et remaniés sous le regard des Clercs du Temple. Ce sont les rituels d’Apprenti, Compagnon et de Maître qui sont ainsi remaniés, les rendant moins proches de la religion naturelle mais plus proches de l’église catholique (Jésuites). Les autres rituels de Maître-Ecossais, Novices et Chevalier du Temple ne sont point touchés. Il va incorporer son Clericat Templier au systeme de Stricte Observence quitte a faire disparaitre le grade de Chevalier Profes
1782:
Evolution ou Naissance
vers un Rite Rectifié Francais
(Le Rite Ecossais Rectifié)
Les réformateurs de Wilhemsbad sont-ils trop intéressés par la continuité de la Stricte Observance sous une autre forme et trop peu par la spiritualité intrinsèque nouvelle qui se dégage ?
Jean-Baptiste Willermoz et les siens n’infusent-il pas dans le Rite Ecossais Rectifié, (deux fois rectifié !) les principes qu’enseigne un seul rite maçonnique vraiment construit avec des formes déjà très précises, c’est à dire celui la Stricte Observance, en y fixant le vrai but de l’homme et du maçon avec les voies qui y conduisent ? Et c’est dans la liberté que chaque maçon choisit sa voie en toute connaissance de cause.
Jean-Baptiste Willermoz ne defent-il pas en fait le système de Stricte Observance en l’englobant dans un autre système maçonnique qui à l’étudier de près lui ressemble plus qu’étrangement ?
A-t-on alors encore le droit de penser que « le soyeux de Lyon » est le fossoyeur de la Stricte Observance mais ne serait-il pas plutôt le « régénérateur » d’une Stricte Observance plus proche de son époque et de la « religiosité » qui participait à la philosophie de cette fin du XVIIIème siècle ?
Ala suite de se convent General de l'Ordre des Chevalier du Temple de Jersusalem présidé par le GM et GP Brunswick, les 3 Directoires (divisions administrative maçonnique) adoptèrent le Rite Rectifié de Willermoz aussi Appellé Rite Rectifié Francais ou Rite Ecossais Rectifié par nos comptemporains. Seul deux loges , une en autriche et l'autre en Allemagne adoptent le Rituel Ecossais Rectifié: L’union de Francfort et la Bienfaisance de Vienne (loge qui a initié Mozart en 1784)
Les autres continuent de faire vivre le Rite Rectifié Allemand ( alias Rite de Stricte Observance). Ce rituel plus conforme à l’esprit des anglais cohabite longtemps avec le rite modern avant de disparaitre à Brême en 1806 selon les derniers documents découverts.
Epervier, Pélican, Phénix, nouvelle signification d’une forme de l’ésotérisme de la Franc-maçonnerie et de sa finalité ?
L’acte de renonciation en 1782
lors du convent de Wilhemsbad
1782, l’année du convent de Wilhemsbad, une date très importante dans la vie maçonnerie du XVIIIème siècle.
Ouvert dans le cadre de L'Ordre des Chevaliers du Temple de Jérusalem de nombreuses provinces sont représentées : la première, la deuxième, la troisième, la cinquième, la septième et la huitième province de l’Ordre de Stricte Observance. 34 déléguées sont présents. Mentionnons que 17 d'entre eux sont de foi catholique et 17 sont de foi protestantes ; 22 appartenaient à la noblesse et 12 à la bourgeoisie. Dans la représentation par « nationalité » notons la présence de 14 allemands, 9 français, 2 italiens, 2 suisses, 3 hongrois et 1 sanois.
Trois grands courants sont représentés :
Le pemier groupe dont le chef de file est Friedrich Schwartz représentent surtout les rationalistes du siècle des lumières, proches des « illuminés » qui demandent le retour à une maçonnerie symbolique chrétienne, une abolition de la légende templière.
Le deuxième groupe avec comme chefs de file principalement le baron Dietrich Von Ditfurth, Christian Bode, Adolphe de Knigge sont partisans du courant hermétiste-alchimique et veullent maintenir la tradition templière et son cérémoniel templier conservant toujours « en rêve » la reconstruction de l’Ordre du Temple templier. Ils sont aussi en relation assez étroite avec le système Rose-Croix.
Le troisième groupe dont Jean-Baptiste Willermoz est le chef de file représente un courant mystique, spiritualiste et martiniste. Il désire abandonner la référence à l’Ordre du Temple mais en conserver les formes rituéliques chevaleresques. Des « individualistes » rejoingnet également ce groupe avec plus particulièrement Joseph de Maistre et son Mémoire inédit au Duc de Brunswick.
De très nombreux débats ont eu lieu dont celui sur l’acte de renonciation.
C’est au cours de la huitième séance que l’on décide d’abandonner complètement la légende de la filiation à l'Ordre du Temple. On raye ainsi d’un trait les « discours » de Von Hund sur l’origine de l’Ordre et son parcours « maçonnique » et chevaleresques au sein de l’Ordre. On supprime également toutes mentions des supérieurs inconnus. Et par un acte solennel L’acte de renonciation ont écrit : déclarons et testifions que jamais, en aucun cas, nous voulons reconstituer un Ordre du Temple [...] et que nous ne prétendons aucunement à la succession de ses biens d’autrefois.
Si nous regardons de près les termes de cet acte de renonciation nous pouvons nous poser la question suivante : A quoi finalement a-t-on renoncé par cet acte ? Est-ce simplement au désir de restauration temporelle de la Stricte Observance ? En effet nous pouvons constater qu’il n’y a pas d’altération des rites chevaleresques de la Stricte Observance par le Rite Ecossais Rectifié.
Le Rite Ecossais Rectifié transmet bien ce que transmet la Stricte Observance c’est à dire une véritable influence spirituelle, cela permettant d’ailleurs au rite de Stricte Observance de continuer de « vivre » au cœur même du Rite Ecossais Rectifié. Les rituels du Rite Ecossais Rectifié, les instructions, les divers documents existants postérieurs à 1802 ne cessent jamais d’affirmer à l’usage de leurs membres le lien que possède le Régime Ecossais Rectifié avec les ordres chevaleresques en général et du Temple en particulier.
Suite à la question de Salzmann : Qu’est-ce que nous voulons être, ou plutôt qu’est-ce ce qu’il faut que nous soyons ? et la question de Jean-Baptiste Willermoz : Quel pourrait être le système par lequel les divers composants de l’Ordre peuvent être réunis sans danger et de la meilleure façon ?, les débats s’orientent en quelque sorte vers la création d’un nouvel ordre de chevalerie Maconnique c. Le système « conçu » par Jean-Baptiste Willermoz dit Rite Rectifié est donc le dessus et oriente les débats vers un renouveau d’Ordre. Il prend pour symbole le Phenix renaissant de ses cendre, embleme de l'Ordre du Temple Equestre donc Karl Von Hund fut élu Grand Maitre de la VII province en 1742.
La légende templière net celle des superieurs inconnu est donc abolie avec une majorité de 17 voix mais à l’unanimité une grande majorité veut tout de même maintenir la signification symbolique de l’Ordre du Temple et les valeurs chevaleresques. Cependant tous les chevaliers Bienfaisant seront égaux plus de distinction du a leurs quartier de Noblesse. La qualité d'Eques vas donc disparaitre ainsi que le blasonnement. C'est donc une victoire du Duc Ferdinand de Brunswick et de Jean-Baptiste Willermoz.
La question du plan économique
La question du plan économique est également soulevée et il est décidé d’abandonner toute référence à ce plan économique de Von Hund. Von Hund veut-il vraiment récupérer les biens du Temple (immeubles et autres effets) pour son Ordre ? La réalité des études montre bien que ce n'est' pas le cas. Non cette idée a juste été émis par la RL Aux Trois Marteaux.. Notons que le plan économique (dépense, recette) conçu par Von Hund aidé en cela par Schubart de Kleefeld eut un immense succès. C’est par des cotisations importantes et variées que selon Von Hund l’Ordre pourrait avoir un prestige et une présence comparable à celui de l’Ordre du Temple.
Les rituels des trois premiers grades sont écrits, la rédaction d’ailleurs confiée à Jean-Baptiste Willermoz pour l’écriture du grade de Maître-Ecossais (en 1785), à Jean de Turckheim pour celui du grade de Novice et à Virieu pour le grade de Chevalier Bienfaisant de la CS. Du a la vanité humaine, les rituel changèrent sans validation en 1785 (pour les 3 premiers grades et en 1810 le grade de Maitre Ecossais se vue transformé par autorisation écrite (une simple lettre) du Grand Maitre de l'Ordre.
Le but principal de l’Ordre est la bienfaisance et le but de chaque franc-maçon doit être « la recherche du Grand Architecte de l’Univers, suivant finalement de façon très claire la formule de Saint Martin : A l’intérieur la recherche de Dieu, à l’extérieur la bienfaisance.
Quelles sont les conséquences de ce convent et de cet acte de renonciation ? Tout d’abord les décisions de ce convent sont tout à fait valables. Le système de Lyon, issu du convent des Gaules de 1778 s’est déjà fortement propagé dans la Stricte Observance en France et se montre comme le système qui remplaçe la légende templière de Von Hund mais, toujours dans chaque grade, une révélation secrète est apportée. Jean-Baptiste Willermoz utilise les rituels de l'obediance "Les Loges Réunies" et il ne crée donc pas les premiers rituels du Rite Ecossais Rectifié à cette occasion. Ce n’est qu’n 1782 à Wilhemsbad qu’il présente des nouveaux rituels lors du convent.